Ces travaux visent notamment à :
améliorer la précision des indicateurs de toxicité humaine,
mieux caractériser l’écotoxicité associée aux matériaux,
évaluer les incidences potentielles sur la biodiversité marine.
Face à l’augmentation des usages plastiques en milieu marin, la question de leur devenir environnemental reste largement ouverte — en particulier lorsqu’il s’agit de matériaux dits alternatifs. C’est pour répondre à cet enjeu que s’inscrit MARIPOL, un programme de recherche visant à mieux caractériser l’impact environnemental des biopolymères tout au long de leur cycle de vie, avec un focus spécifique sur leur biodégradation en milieu marin.

Financé par la Région Bretagne, MARIPOL (Matériaux Alternatifs, Résilients et Innovants pour lutter contre la POLlution marine) a pour ambition de produire des données scientifiques robustes sur une phase encore peu documentée : le comportement réel des polymères et biopolymères lorsqu’ils sont exposés durablement à l’environnement marin.
Le programme repose sur une collaboration étroite entre acteurs de la recherche et de l’ingénierie environnementale.
Il associe Kaïros, le LUBEM (Laboratoire Universitaire de Biodiversité et Écologie Microbienne) de l’Université de Bretagne Occidentale, avec notamment les travaux de Gaëtan Burgaud et Marion Hingant, ainsi que le LOMIC (Laboratoire d’Océanographie Microbienne) de l’Observatoire Océanologique de Banyuls-sur-Mer.
Cette approche collective permet de croiser expertises microbienne, sciences des matériaux et évaluation environnementale, afin d’aborder la problématique de manière systémique.
Les travaux engagés dans MARIPOL s’appuient sur plusieurs niveaux d’analyse.
Dans un premier temps, des essais en conditions de dégradation accélérées sont conduits en environnement contrôlé. Ils mobilisent des communautés de champignons et de bactéries afin de mieux comprendre les mécanismes biologiques impliqués dans la dégradation des matériaux et d’affiner les indicateurs utilisés en évaluation environnementale.
Ces travaux visent notamment à :
améliorer la précision des indicateurs de toxicité humaine,
mieux caractériser l’écotoxicité associée aux matériaux,
évaluer les incidences potentielles sur la biodiversité marine.
MARIPOL a récemment franchi une étape clé avec le lancement d’une campagne d’immersion en conditions naturelles.
Les matériaux étudiés sont désormais exposés sur deux sites aux caractéristiques environnementales contrastées : la rade de Brest et le port de Banyuls-sur-Mer.
Ce dispositif permet d’observer, sur le temps long, le vieillissement réel des matériaux, leur dégradation progressive, ainsi que les dynamiques de colonisation microbienne, communément désignées sous le terme de plastisphère.
Un suivi mensuel sur 12 mois est mis en place sur les deux sites, combinant approches microbiologiques et analyses physico-chimiques.
Ces données permettront de mieux comprendre l’influence des conditions environnementales (température, salinité, biodiversité microbienne) sur le devenir des plastiques en milieu marin.

Au-delà de la production de connaissances scientifiques, MARIPOL contribue à structurer un champ encore peu exploré : la modélisation de l’impact environnemental lié à la biodégradation des polymères en milieu marin.
Les résultats obtenus viendront nourrir les démarches d’analyse du cycle de vie (ACV) et renforcer la capacité à comparer objectivement les matériaux, au-delà des seules promesses de biodégradabilité.
À terme, ces travaux permettront à Kaïros d’accompagner plus finement les acteurs des filières maritimes — notamment les concepteurs de bouées et d’équipements exposés au milieu marin (type projet Météo France) — dans le développement de solutions mieux caractérisées, plus sobres et adaptées aux enjeux environnementaux actuels.

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