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J-3 : « TROUVER LE BON ÉQUILIBRE »

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Après un dernier petit “break” en famille, chez eux, en Bretagne, à l’issue du prologue, Lionel Lemonchois et Roland Jourdain, les deux co-skippers du Maxi80 Prince de Bretagne, ont fait leur retour au Havre, mardi après-midi. Pour l’un comme pour l’autre, petit rappel des règles indispensables de sécurité en mer, dernières petites courses de nourriture et chargement de l’avitaillement à bord du bateau ont été au programme de ces deux derniers jours. A présent, il ne leur reste plus qu’à se focaliser sur la météo du parcours… et à faire leurs sacs en fonction.

Le fait est que le casque lourd risque bien de faire partie du voyage car si la situation actuelle a encore le temps d’évoluer d’ici au coup d’envoi de la course, ce dimanche à 13h30, il semble se confirmer que les premiers milles, et notamment le passage de la pointe Bretagne, soient assez costauds.
 
 
Alors que le départ approche maintenant à vitesse grand V, c’est toujours un calme olympien qu’affiche le tandem du Maxi80 Prince de Bretagne. « Nous sommes prêts depuis longtemps. De ce fait, nous décomptons les jours qu’il reste avant le départ avec impatience. Cette attente n’est jamais  évidente à gérer quand on n’a plus grand-chose à faire », explique Lionel Lemonchois qui enchaîne néanmoins les rendez-vous média et qui peut ainsi de concentrer pleinement sur la météo de sa transat. « Pour l’instant, il faut bien le dire, ce n’est pas top-top. Le contournement de la pointe bretonne, lundi, ne s’annonce pas terrible, la faute à une grosse dépression qui arrive et qui va générer beaucoup de vent et de mer », annonce le skipper Normand qui commence à décortiquer dans le détail chaque nouveau fichier que son routeur lui transmet, tout comme son acolyte, Roland Jourdain. « C’est l’automne est ça se confirme. Nous allons visiblement en prendre une « bonne » d’entrée de jeu. On ne sait pas encore comment exactement, car les modèles européens et américains ne s’accordent pas encore tout à fait, mais il ne fait aucun doute sur le fait que nous allons nous faire secouer lundi », souligne Bilou de son côté, qui s’attend toutefois à un départ dans des conditions correctes, pour reprendre son terme. « Lionel et moi, nous commençons à répéter les schémas météo et les différentes configurations de voilures dans nos têtes, puis nous allons affiner au fur et à mesure que les fichiers vont se pointer », détaille le Finistérien, pas mécontent d’avoir assisté au briefing sécurité de l’organisation hier après-midi.
 
 
Ménager ses petites habitudes d’avant départ
« Pendant deux heures, nous avons passé en revue tout un tas de choses intéressantes. Des choses que nous connaissons mais qu’il est toujours bien de se faire rappeler avant un départ course car cela nous replonge un peu dans la gravité des choses et rappelle à tous qu’une transat, ça n’a rien d’anodin », déclare le co-skipper de Prince de Bretagne qui a, par ailleurs, prévu de terminer l’avitaillement du bateau aujourd’hui. « Les trois quarts des vivres sont à bord et nous allons charger le frais cet après-midi. Nous allons tâcher de faire les choses efficacement en constituant des petits sacs », précise le double vainqueur de la Transat Jacques Vabre, entièrement d’accord avec son binôme sur le fait que les derniers moments avant un grand départ ne sont pas simples à gérer. « Les derniers instants à terre ne sont effectivement pas très rigolos et c’est encore plus vrai lorsque le scénario des premiers jours de mer s’annonce copieux. Il faut réussir à rentrer dans sa bulle de concentration, ce qui n’est pas tellement évident car c’est le moment où il y a le plus de monde et où nous sommes les plus sollicités par le public et les médias. Il est important de trouver un certain équilibre. De mon côté, j’essaie de conserver des petits moments à moi, mes petites siestes de l’après-midi. Lionel, c’est pareil. Avec l’expérience, le fait est que nous avons nos petites habitudes, nos petites routines d’avant départ », a conclu Roland Jourdain.